Rose Barberat

Planétarium

September 4 - October 9, 2021

pact with Hervé Mikaeloff

With the support of CNAP Centre national des arts plastiques (Natonal Center for Visual Arts), France

 

« Rose Barberat takes us on a journey through monochrome worlds, each pulsing with its own unique energy. From blues to reds, her painting series sweep us into a waltz with changing temporalities, dynamics and intentions. The painter unveils a world peopled by symbols, mythologies and figures, akin to a modern rebus.

In her latest series of red paintings at the gallery, human figures are replaced by colour and red’s energy dominates, capturing the whole painting. The artistic process is different: rather than being the primary subject, the figure is used to reinforce the painter’s intention. The colour brings out the trinity of symbols, figures and objects that characterises her work.

Rose Barberat’s work will be exhibited simultaneously at Galerie PACT, Poush Manifesto and Art Paris in September as part of the Portraiture and Figuration: A Focus on the French Scene project. » 

Hervé Mikaeloff

 

The star-studded sky and the far-off worlds it may conceal have provided the setting for uncountable tales. Drawing on fantasy, mythology and autofiction in equal measure, Rose Barberat’s work is rooted in the imagery of an elsewhere that she presents here. Despite adopting some of the codes of narrative figuration, including a keen interest in human representation, she combines the known and the unknown indiscriminately to produce a unique body of work. In each painting, fictional elements disrupt reality, prompting us to question the porosity between reality and fiction.

This blurring of codes, eras and references lays the foundation for the artist’s fruitful quest to defamiliarise the familiar. She depicts human and hybrid figures reminiscent of unique individualities—those of her loved ones, who she captures in photographs before she begins to paint. Her paintings tell an implicit story of bodies with multiple identities, where nudity, harshness and tenderness intertwine. By portraying bodies devoid of sexuality, her work is a triumph of the female gaze, seeking to abolish the structuring male gaze on the self. The predatory figure of the Cyclops takes on a female form, while a male character is depicted shedding a tear. The paintings are shaped by a desire to overthrow the traditional codes governing pictorial representation of the genders.

By borrowing from different registers and narrative modes, Rose Barberat plays with the idea of ‘meta-images’ within her paintings; parenthetical elements that reinforce the impression of reality blurring into fiction and vice versa. The abundance of red accentuates this ambiguity. Basing her work on the sensory, intuitive experiment on colour advocated by Goethe in his Theory of Colours, Rose Barberat’s paintings are filled with a dual symbolism of violence and the supernatural. The effect produced is a kind of anxiety that intrudes upon the characters’ apparent plenitude. Tackling values linked to individualism, such as the vacuity of human existence and the reduction of social interaction to the most intangible form possible, the artist questions how mythology shapes collective representations from its position at the intersection between history and fiction.

In Planetarium, Rose Barberat embarks on a pictorial investigation, exploring ideographic language and the value of symbols in our daily lives. The intimate spaces that she depicts are counter-utopias where the canon and the fringe jostle for position, serving as mirror images of the world and the social relations playing out within it. The objects in her paintings, often floating between still figures, are another form of narration. Viewed as a whole, her work interacts with writing, symbols and fiction in equal parts. The result is a kind of alphabet painting, which can be both narrated and (de)coded.

Sophie Bernal

Avec le soutien du CNAP Centre national des arts plastiques, France

 

« Rose Barberat nous fait plonger dans des univers monochromatiques chacun chargé d’une énergie propre. Tantôt bleues ou rouges, les séries de peintures nous entraînent vers une danse à trois temps. La temporalité change, l’énergie et l’intention aussi. La peintre nous dévoile un monde peuplé de symboles, de mythologies et de figurants, sorte de rébus des temps modernes. 

Pour sa dernière série d’oeuvres rouges à la galerie, la couleur se substitue à la figure humaine, l’énergie du rouge prend le pas sur le reste, elle capte le tout. Le procédé artistique change car la figure n’est plus le sujet principal mais ce qui consolide le propos. C’est par la couleur qu’apparaît cette trinité de symboles, de personnages et d’objets. 

Les oeuvres de Rose Barbarat seront présentées simultanément en septembre à la Galerie PACT, à Poush Manifesto et à Art Paris dans le Parcours sur le Portrait et Figuration : Regard sur la scène française. »

Hervé Mikaeloff

 

La voûte étoilée et les possibles mondes lointains qu’elle abrite ont été le locus de nombreux récits littéraires. Puisant à parts égales dans les registres du fantastique, de la mythologie et de l’autofiction, l’œuvre de Rose Barberat prend racine dans l’imagerie d’un ailleurs qu’elle déploie ici. Si elle emprunte certains codes à la figuration narrative, dont elle hérite le goût pour la représentation humaine, elle compose une œuvre singulière où se mêlent sans distinction le connu et l’inconnu. Pour cela, elle glisse dans chaque peinture des éléments fictionnels qui viennent troubler le réel. Avec, pour effet, le questionnement de la porosité entre fiction et réalité. 

Ce brouillage des codes, des époques et des références pose les jalons d’une idée féconde de l’artiste : ramener de l’étrange dans l’intime. Elle représente des personnages humains et hybrides, qui renvoient à des individualités propres, celles de ses proches, qu’elle photographie en amont. Ses peintures racontent en creux une histoire des corps aux identités multiples où s’hybrident la nudité, la crudité et la tendresse. En montrant des corps où toute forme de sexualité est neutralisée, son œuvre s’affirme comme un triomphe du female gaze, cherchant à abolir les regards structurants du masculin sur soi. À cet effet, la figure de prédation du Cyclope est par exemple reprise sous une forme féminine, tandis qu’un personnage masculin est lui représenté versant une larme d’émotion. On trouve là une volonté de renverser les codes traditionnels de la représentation picturale des genres. 

En empruntant des registres et des modes de narration divers, Rose Barberat joue sur l’idée de « méta-images » contenues dans la peinture, des incises qui renforcent une impression de basculement du réel vers la fiction – et inversement. L’abondance du rouge participe à cette équivoque. Prenant pour point de départ l’idée d’une expérience sensorielle et intuitive de la couleur défendue par Goethe dans son Traité des couleurs, Rose Barberat charge ses peintures d’une double symbolique de violence et de surnaturel. L’effet produit est celui d’une forme d’angoisse qui s’immisce dans la plénitude apparente des personnages. Si l’artiste aborde des valeurs liées à l’individualisme, telles que la vacuité de l’existence humaine ou la réduction de nos interactions sociales à leur dimension la plus immatérielle, elle pose la question : de quelle manière le mythe – aux frontières de l’Histoire et l’histoire – modèle les représentations collectives ? 

Dans Planetarium, Rose Barberat se livre à une forme d’enquête sur les images, explorant le langage idéographique et la valeur des signes dans nos quotidiens. Véritables lieux de contre-utopies, où se bousculent le canon et la marge, les espaces intimes qu’elle figure prennent les traits d’images-miroirs du monde et des rapports sociaux qui s’y jouent. Les objets qu’elle figure, lévitant souvent entre des personnages aux allures hiératiques, sont autant de moyens de faire récit. Toute entière, son œuvre converse à parité avec l’écriture, les symboles et les histoires. Avec, pour résultat, une forme de peinture-alphabet, qui se raconte autant qu’elle se (dé)code. 

Sophie Bernal